Jean Krameyer, alias Bellaire, incarne cette génération d’artistes électroniques français qui puise dans l’héritage pour mieux le réinventer. Enfant du sampling — il compose ses premières prods hip-hop dès 13 ans pour des rappeurs locaux —, ce producteur issu du nord de la France opère sa mue artistique en 2017 avec la compilation « Saint Amour », puis confirme son potentiel l’année suivante avec « Paris City Jazz », titre désormais certifié single d’or à l’export qui cumule des millions d’écoutes.
Ce succès cristallise parfaitement sa philosophie : démocratiser la house « underground » en prouvant qu’elle n’est pas réservée aux puristes, mais peut toucher tous les publics dans tous les contextes. Sa méthode, héritée du hip-hop, consiste à fusionner samples de jazz, disco des 70s, boom bap et sonorités organiques dans un écrin house chaleureux et dansant.
Visuellement reconnaissable grâce à sa moustache, sa casquette d’où dépassent ses cheveux, ses lunettes de soleil funky et ses vêtements larges et colorés, Bellaire a construit un personnage accessible et attachant, mélange de « goofy » assumé et de passionné érudit. Son univers graphique inspiré des vieux cartoons reflète cette approche décalée mais authentique de la musique électronique.
Depuis 2018, il parcourt les clubs et festivals du monde entier, des soirées Glitterbox d’Ibiza aux salles d’Amérique du Nord en passant par des salles mythiques d’Europe (Koko à Londres, Rex Club à Paris…) . Cette reconnaissance internationale se double d’une légitimité artistique : il partage désormais les affiches avec les pères de la house (DJ Spen, Moodymann, Mousse T) et de la French Touch (DJ Falcon, Yuksek), confirmant son statut d’héritier d’un mouvement historique capable de connecter cette musique aux clubbers d’aujourd’hui.
Au-delà de la musique, Bellaire véhicule des valeurs fortes : ouverture d’esprit, liberté individuelle, respect des autres, et approche écologique assumée (seconde main, friperies, disquaires indépendants). Sa mission artistique reste constante : faire perdurer et rendre accessible la house funky/soulful des années 90 et ses valeurs, loin des chapelles et des dogmes. Avec sa communauté de plus de 180 000 fans qui suit autant ses sets que ses sessions studio, ses edits et ses trouvailles vinyles, il ambitionne de s’affirmer comme la référence de la funky house.